Journée de la femme 2010

Si les années 60 à 80 ont contribué à la prise de conscience des situations différenciées et subies entre les parcours professionnels et entrepreneuriaux des hommes et des femmes en France, l’écosystème qui prévaut aujourd'hui serait de nature à permettre, au premier regard, le développement d’une population nombreuse de femmes dirigeantes : un accès à l’éducation généralisé et des femmes plus diplômées que les hommes, un environnement législatif permettant un recours contre les traitements discriminatoires, un consensus politique et social sur la nécessité d’un meilleur équilibre entre hommes et femmes.

Dans ce contexte, l’évolution très lente de la place de la femme dans l’économie, témoigne de rigidités majeures : si la majorité des diplômés de master en France sont des femmes, elles ne représentent qu’une très faible proportion des dirigeants d’entreprises de PME et de grands groupes (moins de 15%) ; d’importants écarts de rémunération persistent entre hommes et femmes sans qu’ils ne puissent être justifiés. Selon le World Economic Forum, la France, qui se classe premier pays au monde quant au niveau d’éducation dont bénéficient les femmes, se retrouve au-delà de la soixantième place mondiale en ce qui concerne la contribution des femmes à l’économie. Et cela dans un contexte où, depuis plusieurs décennies déjà, les pays anglo-saxons, et les Etats-Unis en tête, ont identifié le potentiel de croissance de richesse que représente une plus grande présence des femmes dans l’économie.

Les années 90 sont celles d’un essor des marchés financiers, et leur sophistication croissante ouvre la voie à un début de féminisation des instances dirigeantes d’une industrie. Les domaines d’innovation – marchés dérivés en particulier – qui requièrent des compétences techniques de pointe permettent à certains profils tels celui d'Anne Dias Griffin de lancer son propre hedge fund, ou donnent encore l’occasion à Isabelle Seillier chez JP Morgan, d’y tracer un parcours professionnel dans un environnement anglo-saxon attentif aux questions de mixité et d’atteindre, en une décennie, les fonctions de Présidente de cette banque pour la France.

Moteur du changement, l’innovation donnera dès la fin des années 90, une première génération de femmes entrepreneures de l’internet et de la technologie, telles qu’Oriane Garcia (Lokace, Caramail, Lentilles-moins-chères), Anne-Sophie Pastel (auFéminin), ou Diaa Elyaacoubi qui reprendra Streamcore en 2004 après avoir créé et revendu E-brands à Vivendi en 2000. Yseulys Costes a quant à elle créé en quelques années, l’une des principales agences françaises de publicité et de marketing interactif, aujourd’hui cotée sur Nyse Alternext.

Fortement représentées dans les entreprises de biotechnologies et de santé, les femmes entrepreneurs de cette nouvelle génération se sont distinguées récemment dans le domaine des énergies renouvelables, à l’instar de Stéphanie Giraud, fondatrice d’Urbasolar, l’un des leaders français du secteur photovoltaïque, qui vient par ailleurs de lancer un fonds d’investissement aux côtés d’un groupe de private equity pour financer le déploiement d’installations.

Le rôle que joue le private equity dans le financement de la croissance des entreprises de ces femmes entrepreneures est crucial, et si cette profession demeure très majoritairement masculine, - plusieurs études relient le plus faible soutien relatif aux entreprises dirigées par les femmes à cet état de fait -, elle compte  quelques dirigeantes parmi ses membres, à la suite de Hélène Ploix (Présidente de Pechel) et à l’instar de Chantal Parpex (fondatrice de Bioam et partner de CDC Innovation) ou de Sophie Dingreville (partner d’Iris Capital).

Le private equity sous des formes diverses peut aussi donner l’occasion à des dirigeantes de devenir entrepreneures : ce fut le cas de Viviane Ribeiro, qui dirigeait GEAC France, un groupe de logiciel constitué par Golden Gate Capital, avant que de prendre la présidence de Lefebvre Software, qu’elle mène dans un stratégie d’acquisition avec le soutien du groupe familial Lefebvre Sarrut. Après avoir acquis AS Groupe il ya deux ans (société elle-même fondée et dirigée par une femme, Elizabeth Bély),  Lefebvre Software est aujourd’hui l’une des vingt premières sociétés françaises de logiciel, et la première dirigée par une femme. Vivianne Ribeiro est par ailleurs la seule femme administrateur du Syntec informatique, le syndicat professionnel de son industrie. Marie-Françoise Kerhuel s’est quant à elle associée à Activa Capital, un fonds de LBO mid-market, pour reprendre successivement Linvosges puis Françoise Saget et constituer un groupe de VPC en forte croissance dans le linge de maison. Elle s’est appuyée pour cela sur sa forte connaissance de Françoise Saget, société pour laquelle elle avait précédemment travaillé, et sur son expérience de la VPC acquise par la suite comme Directrice Générale des Editions Atlas.

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